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A l'occasion du second grand débat des jeunes populaires : "qu'est qu'être un jeune de droite en 2008 ? sommes nous révolutionnaires ?", je me suis rendue vendredi à Bondy (Seine Saint Denis) et samedi au Havre (Seine Maritime).

A l'invitation de Julien Mugerin, RDJ du 93 et avec Madi Seydi, également Porte parole des jeunes populaires, nous avons échangé avec les jeunes présents à la permanence UMP de Bondy. Nombreux sont ceux qui sont revenus sur la difficulté d'assumer d'être "de droite" dans ce département. Un département aujourd'hui socialiste et particulièrement sectaire. Ainsi, le RSA n'a profité qu'à une poignée de personnes faute de publicité pour cette mesure pourtant "révolutionnaire" !
"Révolutionnaire" est aussi le slogan de la nouvelle campagne des jeunes populaires, sur laquelle nous revenons longuement. Si pour vous, il faut assumer notre identité réformatrice et insister sur le fait que le conservatisme est bel et bien à gauche, vous êtes partagés sur l'utilisation de ce terme pour nous définir...
Mais, comme le dit si bien Julien, militer pour l'UMP dans le 93 c'est déjà être révolutionnaire !


Le lendemain, à l'invitation de Jean Pierre Heranval, RDJ du 76, et accompagnée de mon ami Arnaud Murgia, Délégué national en charge des Grands Débats, nous débattons dans un café du Havre.
Entourés d'une trentaine de jeunes populaires, nous débattons de l'identité jeunes populaires. J'ai entendu les inquiétudes qui se sont exprimées quant à une affirmation trop brutale d'indépendance de notre part. Que les choses soient bien claires : nous sommes avant tout à l'UMP et cela ne changera pas. Il se s'agit pas d'être indépendants ou autonomes vis à vis de l'UMP mais d'affirmer, d'assumer une identité qui nous soit propre pour que demain des jeunes qui ne seraient jamais venus à l'UMP, n'auraient jamais franchi le seuil d'une permanence puissent venir à nous plus facilement, nous jeunes populaires. C'est tout l'enjeu de la Charte des valeurs : définir les valeurs qui nous rassemblent et donc nous distinguent des autres mouvements et définir nos rapports à l'UMP.
Je suis également revenue sur l'opportunité de créer une commission régionale Haute Normandie afin que les jeunes pop prennent part au débat régional et remettent un libre blanc de propositions. Vous allez aller encore plus loin puisque c'est l'ensemble de la Normandie qui sera bientot réunie pour une grande convention.
Bravo pour votre dynamisme au sein de la fédération et l'unité dont les départements normands font preuve !
Que Christian Vanneste ait vu sa condamnation cassée par la Cour de cassation ne change rien aux propos qu'il a tenus. Ces propos sont inacceptables dans la bouche de n'importe lequel d'entre nous, ils le sont encore plus dans la bouche d'un élu...
Dire que "l'homosexualité est inférieure à l'hétérosexualité" ne devrait pas être toléré au sein de l'UMP. Le jugement n'y change rien.

De la même manière, les dérapages réguliers du puissant président de la région Languedoc Roussillon, George Frêches, ne devrait pas lui permettre de pouvoir réintégrer le PS...
Et pourtant, si Royal est arrivée en tête lors du vote des motions c'est notamment grâce au soutien de l'Hérault... Qu'a t'elle négocié en échange ? Selon George Frêches, les choses sont claires : si c'est Royal qui l'emmporte, il sera réintégré.
Et pourtant, entre ses propos outranciers sur les harkis, Nicolas Sarkozy, les femmes voilées ou les joueurs de l'équipe de France, on voit ce qui justifierait sa réintégration si ce n'est de bas calculs politiciens.


Florilège :


Le 14 novembre 2006 : « Dans cette équipe, il y a neuf Blacks sur onze. La normalité serait qu’il y en ait trois ou quatre. Ce serait le reflet de la société. Mais là, s’il y en a autant c’est parce que les Blancs sont nuls »,  avait lancé l’ancien maire de Montpellier devant le conseil d’agglomération de Montpellier. C’est cet énième dérapage qui lui a valu d’être exclu du Parti socialiste en janvier 2007. Georges Frêche avait alors estimé que son exclusion du PS était « jouée d’avance (…). C’est un procès de l’Inquisition qui rappelle les pires moments du stalinisme. On offre ma tête au peuple en espérant gagner quelques voix dans les DOM ».

11 février 2006 : « Vous faites partie des harkis, qui ont vocation à être cocus toute leur vie... Vous n’avez rien du tout, vous êtes des sous-hommes... sans honneur ! » avait-il assené lors d’une cérémonie à la mémoire de Jacques Roseau, le leader pied-noir assassiné en 1993. Le 28 février, il est suspendu des instances dirigeantes du PS.

Novembre 2005 : « Rien à foutre des commentaires d’universitaires trous du cul. On les sifflera quand on les sollicitera », avait déclaré Georges Frêche à propos d’un projet de musée destiné aux Français d’Algérie.

Juin 2005 : « Jamais la Chine n’a envahi le Tibet. Ce sont les Tibétains qui ont envahi la Chine », explique cet ancien maoïste.

Février 2005 : « Nicolas Sarkozy est un grand mamamouchi aux talons compensés. Il périra par sa Marie-Antoinette. »

Juin 2000 : lors de l’inauguration du tramway de Montpellier, après avoir lancé à propos d’une femme voilée : « Ne vous inquiétez pas pour la dame, elle n’a pas les oreillons », il avait poursuivi en notant « Ici, c’est le tunnel le plus long du monde : vous entrez en France et vous ressortez à Ouarzazate ». Battu aux élections législatives en 2002, il explique : « La droite a été soutenue par les islamistes et les femmes voilées d’Al-Qaïda. »
Alors que nombreux sont les parlemantaires UMP à railler la politique d'ouverture de Nicolas SARKOZY, d'autres, qui en ont pourtant "fait les frais", la plébiscitent !


   C'est notamment le cas d'Alain Lamassoure, ancien Ministre, actuel Député au Parlement Européen et qui aurait été un parfait Ministre des Affaires Européennes...

La différence entre lui et les autres déçus ? La classe !

"L'ouverture, version 2007

François Bayrou en rêvait, Nicolas Sarkozy l'a fait. Au nom de l'unité nationale, il a ouvert son gouvernement à des hommes venus du centre et de la gauche, il a repris la politique de VGE tendant à donner un vrai statut à l'opposition, et il multiplie, non sans malice, les offres de mission à des ténors du parti socialiste. Tout citoyen ne peut que se réjouir que des personnalités de la qualité de Bernard Kouchner ou de Martin Hirsch reçoivent enfin des responsabilités dignes de leur talent. Mais quelle peut être la vraie portée politique de cette ouverture ?

En dépit des apparences, et du vocabulaire, nous sommes loin de « l'ouverture » pratiquée par François Mitterrand en 1988. Celle-ci s'apparentait à un vrai élargissement des alliances politiques. A l'époque, l'entrée de plusieurs ministres issus de toutes les composantes de l'UDF dans le gouvernement de Michel Rocard s'était accompagnée d'une scission du groupe parlementaire de l'UDF, les centristes constituant leur propre groupe autour de Pierre Méhaignerie, Jacques Barrot, Bernard Bosson, avec notamment le jeune François Bayrou. Cela permit pendant trois ans à Michel Rocard de faire voter ses textes, tantôt avec le soutien du PC, tantôt avec celui des centristes : il s'était bel et bien bâti une véritable majorité de rechange. Cette attitude ouverte lui permit de maintenir une popularité inégalée pendant trois ans mais en renvoyant aux calendes grecques les réformes les plus difficiles, comme celle des retraites.

Rien de tel aujourd'hui. Les personnalités sollicitées sont des individualités qui n'entraînent personne d'autre avec elles. Ni au Parlement : le groupe parlementaire socialiste ne s'est pas divisé et l'UMP n'en a pas besoin, puisqu'elle dispose d'une large majorité à elle seule. Ni dans l'opinion : à la différence de leurs collègues UMP et centristes, aucun des Ministres venus de la gauche n'a affronté le suffrage universel ce printemps. Y-a-t-il un seul électeur de gauche qui votera, l'an prochain, pour une liste municipale de droite parce que Nicolas Sarkozy aura soutenu la candidature de DSK au FMI ? Evidemment non.

« L'ouverture » de l'été 2007 est d'une tout autre nature. Elle ne s'adresse pas aux partis politiques, mais à l'opinion. Ce qui « s'ouvre », c'est bel et bien un chapitre nouveau de la politique française.

L'ouverture d'aujourd'hui, c'est la respiration du débat politique enfin retrouvée. Marx est mort, enfin ! Et Mao, et Trotski et tout ce dogmatisme d'une redoutable efficacité auquel les intellectuels, les médias, et les politiques français ont succombé une bonne trentaine d'années de plus que les autres pays européens. Le vieux socialisme avait perdu depuis longtemps la bataille des réalités, mais, en France, il avait gagné la bataille morale : chaque parti s'excusait de ne pas être plus « à gauche », et même Jacques Chirac se croyait obligé de dire que le libéralisme était un fléau aussi grand que le communisme ! Les 35 heures, c'était inefficace, voire contre-productif, mais c'était moral. Comme le SMIC à 1 500 euros, ou la régularisation massive des sans papiers. Nicolas Sarkozy a balayé tout ça : en politique, ce qui compte ce n'est pas la morale des bonnes intentions tous les enfers en sont pavés -, c'est celle des résultats. Voilà les masses prolétariennes du Parti communiste miniaturisées à 3%, et le grand prêtre de l'antimondialisme, le chouchou des médias, José Bové, fauché à 1% comme un vulgaire épi d'OGM. Alors, faute de s'être réconciliés à temps avec le réel, les plus modernes des dirigeants socialistes se convertissent au réalisme, en ralliant le vainqueur du jour.

Parce que la politique s'attaque de nouveau aux vrais sujets et pas aux préjugés idéologiques, les Français se sont mobilisés en masse : 85% de participation à l'élection présidentielle ! Pour exprimer un vote d'espoir : symbole de la désespérance et de l'exaspération face à l'échec des politiques, le Front National s'est effondré d'un coup, mettant fin à l'autre anomalie de l'exception française l'importance de l'extrême droite.

L'ouverture 2007, c'est la porte ouverte à une nouvelle catégorie de gouvernants, plus représentatifs de la réalité de la société française : des femmes aussi nombreuses que les hommes, y compris aux Finances et à l'Intérieur ; une magistrate d'origine maghrébine en charge de la Justice, une jeune femme d'origine sénégalaise pour défendre les droits de l'Homme dans le monde, le Président d'Emmaüs, successeur de l'abbé Pierre, pour lutter contre la grande pauvreté.

L'ouverture, c'est aussi la liberté d'action. Fort du soutien populaire, dès le lendemain de son élection, et sans crainte d'un « troisième tour social », le Président élu engage toutes les réformes promises en même temps. Non pas en s'enfermant dans son palais, et dans ses certitudes, mais en recevant tous les syndicats avant de prendre ses fonctions, et en amenant la chancelière allemande partager le repas des ouvriers à la cantine d'Airbus à Toulouse.

L'ouverture, c'est enfin la confiance retrouvée de la France avec elle-même, avec l'Europe, avec le monde et, pour tout dire, avec son temps. Le « traité simplifié » donnera à l'Europe le meilleur de ce que contenait le projet de Constitution. La mondialisation, les changements climatiques, les tensions sur les matières premières, l'émergence des grands pays du Tiers Monde ne sont plus vécus comme des dangers implacables mais comme la grande aventure de notre temps, qu'il faut affronter par plus d'audace politique, plus de progrès scientifique, plus de solidarité à l'échelle planétaire.

Certes, comme tous les « états de grâce », celui-ci n'aura qu'un temps. Mais c'est une autre France qui en sortira. De droite ? De gauche ?

Ouverte."

Alain Lamassoure, le 23 juillet 2007