Sur la ligne de départ, 6 motions départagées dans moins de 2 mois lors du Congrès de Reims.
Ralliements de dernière minute, choix des premiers signataires,... un premier bilan s'impose.
1ère motion, celle conduite par le Maire de Paris et soutenue par l'équipe sortante. Moscovici, pourtant réformateur a finalement suivi... Il emmène avec lui une grande partie du mouvement de DSK, amputé toutefois de Cambadélis, son meilleur ennemi, et de Jean Paul Huchon, Président de la région IDF, tous deux ont rejoint Martine Aubry. Mosco aura donc hésité jusqu'au bout pour finalement faire le choix de la continuité, un choix sans enthousiasme et qui parait plutot forcé (les signataires de sa contribution ont quasi tous ralliés delanoë...); il aurait pourtant fait un passeur idéal entre Aubry et Royal (laquelle lui proposait d'ailleurs d'être le 1er signataire de sa motion)...
2ème motion, celle de Christophe Caresche qui emmène le pôle écologique. Royal leur avait pourtant tendu la main...
3ème motion, celle de Benoit Hamon. L'ancien Président du MJS et actuel Député Européen a réussi son pari : la gauche du parti socialiste l'a rallié (Lienneman, Mélenchon, Filoche,...). Un rapprochement avec Martine Aubry, pourtant cohérent avec la ligne défendue par la dame des 35 heures ("ancrer le PS à gauche") ne parait plus envisageable. Benoit Hamon a d'ores et déjà annoncé qu'il se présenterait au poset de 1er Secrétaire après le vote sur les motions.
4ème motion, celle de Martine Aubry. Chef de file des reconstructeurs, elle partage le souci affiché par Ségolène Royal et Benoit Hamon de définir une ligne claire. Soutenue par les puissantes fédérations du Nord et du Pas de Calais, elle réunit derrière elle l'ensemble des Fabiusiens (le réseau encore aujourd'hui le mieux structuré au sein du PS), Jean Christophe Cambadélis ou Arnaud Montebourg.
5ème motion, celle de... Gérard Collomb ! Ségolène Royal, fidèle à elle même, ne fait décidément rien comme les autres. Entourée des membres de la ligne claire (Collomb, Guérini ou Valls), elle réunit autour d'elle François Rebsamen, Vincent Peillon, Aurélie Filipetti et, soutien de dernière minute, Julien Dray, lequel avait un temps envisagé de se porter candidat. Vincent Peillon devrait être son candidat pour le poste de 1er Secrétaire.
Dernière motion, celle du petit courant "Utopia", présentée par Franck Pupunat.
Quels rapprochement sont dès lors envisageables ?
Moscovici parti chez Delanoë, plus personne ne semble en capacité de faire le lien entre Royal et Aubry.
Difficile également d'envisager un rapprochement Royal-Delanoé, ce dernier souhaitant aller jusqu'au bout et se présenter au poste de 1er secrétaire, à moins qu'il ne présente Harlem Désir, son plus fidèle soutien avec Anne Hidalgo. Le rapprochement Aubry-Delanoë parait tout aussi difficile : comment définir une ligne commune fabiusiens-strausskaniens, la synthèse semble trop difficile.
Si l'on sait que seule la motion arrivée en tête est capable de faire la synthèse autour d'elle, il n'est pas impossible que cette synthèse n'ait pas lieu...
Les 3 principales motions devraient osciller entre 25 et 30% des suffrages. Difficile de dire laquelle arrivera en tête à ce stade...
4 candidats pourraient alors être en lice pour le poste de 1er Secrétaire.
Bertrand Delanoë ou Harlem Désir, Benoit Hamon, Martine Aubry et Vincent Peillon.
Martine Aubry, si elle est trop affaiblie à l'issue du vote des motions, pourrait se retirer au profit de Benoit Hamon... mais on envisage mal quel pourrait être le rapprochement entre Delanoë-Hollande et Royal-Collomb.
Mosco pourrait il être un passeur une fois encore ? Delanoë, s'il est bien en tête à l'issue du vote des motions, aura tout intérêt à faire l'union autour de lui ou l'un de ses proches, ce qui n'est pas le cas de Mosco, qui devrait devenir Porte Parole du PS.
Le PS, pris dans ses difficultés internes et ses procédures illisibles, a une possibilité de faire du Congrès de Reims un congrès fondateur et non un Congrès du Mans bis... Si, comme on peut le présager, aucune des 3 motions ne se dégage clairement, alors chacune d'entre elles devrait proposer son propre candidat. Ainsi, enfin, une ligne directrice se dégagerait et le PS parlerait d'une seule voix...