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Jusqu'au dernier moment j'ai hésité à écrire sur ce sujet, pour des raisons personnelles que vous connaissez. Seulement, devant ce spectacle navrant, je ne peux m'empêcher de réagir.


En cet instant, à moins d'une heure du Conseil National, je pense à ma grand mère maternelle.

Ma grand mère nous a quittés peu après ses cent ans.
C'était une femme bien particulière ! Une femme qui avait transgressé l'autorité paternelle pour vivre avec l'homme qu'elle aimait. Une femme devenue mère sans être pour autant mariée. Elle faisait partie de celles que l'on affublait de ce nom terrible "les filles mères".
Une femme qui a élevé son 1er enfant pendant la Seconde Guerre Mondiale...
Une femme qui avait quitté son compagnon pour un autre homme avec lequel elle allait avoir ma mère.
Une femme qui a toujours travaillé et a plus que tout recherché son indépendance et sa liberté.

Pourquoi vous parlez de ma grand mère ?
Tout simplement parce que celle-ci a cru ardemment au PS, en ses valeurs et en ceux qui les défendaient.
Elle a connu le front Populaire et participé aux grèves. Elle a pleuré le jour où elle a serré la main de Mitterrand et pleuré encore quand il a gagné en 1981.
Comme beaucoup d'autres, elle croyait qu'il allait "changer la vie".
Elle était "épidermiquement" de gauche.


Je ne suis ni à droite, ni à gauche, je suis libérale, "viscéralement" libérale.
Je me sens bien à l'UMP et dans le rôle qui est le mien mais je sais aussi ce que nous devons à ceux qui nous ont précédés,
et j'y comprends certains socialistes. Ce que nous devons à Jaurès (oui, dans un monde parfait "l'Humanité n'existerait pas"), ce que nous devons à Blum (Front populaire), ce que nous devons à Badinter (abolition de la peine de mort), ce que nous devons à Rocard (Nouvelle calédonie et RMI même si celui a été dévoyé progressivement).

Comment un parti avec de telles figures, avec une telle histoire a t'il pu tant sombrer ?
Royal n'est pas le facteur déclenchant, elle est le symptôme de cette lente chute. Et après tout, peut être a t'elle raison de vouloir présidentialiser ce parti et de le mettre en conformité avec les règles du jeu de la Vème république ! l'auteur du "Coup d'Etat permanent" n'avait pas fait autrement...

Pas une idée débattue au Congrès de reims, sinon celle des alliances. Mais comment poser la question des alliances quand on n'a pas encore défini de ligne politique ?
Des sifflets contre celle pour laquelle ils avaient voté à 60% en 2006;
des accusations de tricherie, de faux en écriture, des plaintes, des appels à la manifestation rue de Solférino...

Jusqu'où iront ils ? N'est il pas un moment où l'un d'entre eux se posera la question de leur avenir commun ? de l'avenir de leur parti ? du respect qu'ils doivent à ceux qui espèrent encore en eux ?...

Sur la ligne de départ, 6 motions départagées dans moins de 2 mois lors du Congrès de Reims.
Ralliements de dernière minute, choix des premiers signataires,... un premier bilan s'impose.

1ère motion, celle conduite par le Maire de Paris et soutenue par l'équipe sortante. Moscovici, pourtant réformateur a finalement suivi... Il emmène avec lui une grande partie du mouvement de DSK, amputé toutefois de Cambadélis, son meilleur ennemi, et de Jean Paul Huchon, Président de la région IDF, tous deux ont rejoint Martine Aubry. Mosco aura donc hésité jusqu'au bout pour finalement faire le choix de la continuité, un choix sans enthousiasme et qui parait plutot forcé (les signataires de sa contribution ont quasi tous ralliés delanoë...); il aurait pourtant fait un passeur idéal entre Aubry et Royal (laquelle lui proposait d'ailleurs d'être le 1er signataire de sa motion)...

2ème motion, celle de Christophe Caresche qui emmène le pôle écologique. Royal leur avait pourtant tendu la main...

3ème motion, celle de Benoit Hamon. L'ancien Président du MJS et actuel Député Européen a réussi son pari : la gauche du parti socialiste l'a rallié (Lienneman, Mélenchon, Filoche,...). Un rapprochement avec Martine Aubry, pourtant cohérent avec la ligne défendue par la dame des 35 heures ("ancrer le PS à gauche") ne parait plus envisageable. Benoit Hamon a d'ores et déjà annoncé qu'il se présenterait au poset de 1er Secrétaire après le vote sur les motions.

4ème motion, celle de Martine Aubry. Chef de file des reconstructeurs, elle partage le souci affiché par Ségolène Royal et Benoit Hamon de définir une ligne claire. Soutenue par les puissantes fédérations du Nord et du Pas de Calais, elle réunit derrière elle l'ensemble des Fabiusiens (le réseau encore aujourd'hui le mieux structuré au sein du PS), Jean Christophe Cambadélis ou Arnaud Montebourg.

5ème motion, celle de... Gérard Collomb ! Ségolène Royal, fidèle à elle même, ne fait décidément rien comme les autres. Entourée des membres de la ligne claire (Collomb, Guérini ou Valls), elle réunit autour d'elle François Rebsamen, Vincent Peillon, Aurélie Filipetti et, soutien de dernière minute, Julien Dray, lequel avait un temps envisagé de se porter candidat. Vincent Peillon devrait être son candidat pour le poste de 1er Secrétaire.

Dernière motion, celle du petit courant "Utopia",
présentée par Franck Pupunat.


Quels rapprochement sont dès lors envisageables ?

Moscovici parti chez Delanoë, plus personne ne semble en capacité de faire le lien entre Royal et Aubry.
Difficile également d'envisager un rapprochement Royal-Delanoé, ce dernier souhaitant aller jusqu'au bout et se présenter au poste de 1er secrétaire, à moins qu'il ne présente Harlem Désir, son plus fidèle soutien avec Anne Hidalgo. Le rapprochement Aubry-Delanoë parait tout aussi difficile : comment définir une ligne commune fabiusiens-strausskaniens, la synthèse semble trop difficile.

Si l'on sait que seule la motion arrivée en tête est capable de faire la synthèse autour d'elle, il n'est pas impossible que cette synthèse n'ait pas lieu...
Les 3 principales motions devraient osciller entre 25 et 30% des suffrages
. Difficile de dire laquelle arrivera en tête à ce stade...
4 candidats pourraient alors être en lice pour le poste de 1er Secrétaire.
Bertrand Delanoë ou Harlem Désir, Benoit Hamon, Martine Aubry et Vincent Peillon.

Martine Aubry, si elle est trop affaiblie à l'issue du vote des motions, pourrait se retirer au profit de Benoit Hamon... mais on envisage mal quel pourrait être le rapprochement entre Delanoë-Hollande et Royal-Collomb.
Mosco pourrait il être un passeur une fois encore ? Delanoë, s'il est bien en tête à l'issue du vote des motions, aura tout intérêt à faire l'union autour de lui ou l'un de ses proches, ce qui n'est pas le cas de Mosco, qui devrait devenir Porte Parole du PS.

Le PS, pris dans ses difficultés internes et ses procédures illisibles, a une possibilité de faire du Congrès de Reims un congrès fondateur et non un Congrès du Mans bis... Si, comme on peut le présager, aucune des 3 motions ne se dégage clairement, alors chacune d'entre elles devrait proposer son propre candidat. Ainsi, enfin, une ligne directrice se dégagerait et le PS parlerait d'une seule voix...

C’est sans nul doute l’anniversaire le plus discret de l’année…
Pourtant, il y a 10 ans de cela était présenté par Martine Aubry, alors Ministre des Affaires Sociales et du Travail, le premier texte concernant les 35 heures.

Si Libération fait aujourd’hui sa « une » sur ce sujet, quid du silence des dirigeants du Parti Socialiste, plus que discrets sur ce sujet ?
Quid même de Martine Aubry à quelques mois du Congrès de Reims et du dépôt de sa contribution ?...
Quid de Ségolène Royal qui avait reconnu après sa campagne que la « généralisation des 35 heures », pourtant dans son programme, aurait été une bêtise ?
Quid de Lionel Jospin, Premier Ministre alors et aujourd’hui premier soutien de Bertrand Delanoë pour prendre la tête du PS ?

A Solférino, les 35 heures ne sont décidément pas à la fête !

 




Tel est le titre de la nouvelle chanson phare de la rue de solférino !


Le mois de janvier devait être celui de la réflexion, de la refondation, de la reconstruction, du lancement de la campagne pour les élections municipales ou bien encore de l'unité du Parti Socialiste...

Mais, une fois n'est pas coutume, le PS ne se sera rendu audible que pour mieux laisser transparaître ses divisions - non des moindres puisqu'il est ici question du traité de Lisbonne (ou traité simplifié)- et nous montrer son incapacité à revenir un jour au pouvoir tant il ne peut dépasser les querelles de chapelles pour une idée qui doit transcender les partis politiques, la construction européenne.

mais revenons en à noter chanson... alors, ira ou ira pas ?
Acte I : Jean Marc Ayrault, président du groupe PS à l'Assemblée, demande à ses troupes de boycotter le congrès de Versailles visant la ratification du traité de Lisbonne. Tollé chez les nonistes, parmi lesquels le bruyant Emmanuelli qui déclare qu'il ira à Versailles (ah ! ces révolutionnaires !)
Acte II : François Hollande, souvenez vous, l'ex de la madone et accessoirement Premier Secrétaire du PS, reprend la main et demande aux députés et sénateurs de ne pas se rendre à Versailles
Acte III : les futurs possibles présidentiables pour 2012, Delanoé et Royal, s'insurgent. Il faut que les socialistes aillent voter et en finir avec ces divisions mortelles pour le parti (divisions auxquelles, bien sur, ils ne participent pas...). remarquez, facile pour eux de prendre position puisqu'ils ne sont pas conviés au vote.
Acte IV: François Hollande, le même qui un peu plus tôt demandait à ses troupes de boycotter leur demande d'y aller mais de s'abstenir lors du vote pour que le PS ne laisse pas transparaître ses divisions.
Acte V : ou le coup de grâce donné par l'homme qui venait de Washington "les socialistes ne sont pas très audibles que la question européenne..." Ca alors ! et sur le reste ?

D'ici là rendez vous à Versailles ;)