Que Christian Vanneste ait vu sa condamnation cassée par la Cour de cassation ne change rien aux propos qu'il a tenus. Ces propos sont inacceptables dans la bouche de n'importe lequel d'entre nous, ils le sont encore plus dans la bouche d'un élu...
Dire que "l'homosexualité est inférieure à l'hétérosexualité" ne devrait pas être toléré au sein de l'UMP. Le jugement n'y change rien.
De la même manière, les dérapages réguliers du puissant président de la région Languedoc Roussillon, George Frêches, ne devrait pas lui permettre de pouvoir réintégrer le PS...
Et pourtant, si Royal est arrivée en tête lors du vote des motions c'est notamment grâce au soutien de l'Hérault... Qu'a t'elle négocié en échange ? Selon George Frêches, les choses sont claires : si c'est Royal qui l'emmporte, il sera réintégré.
Et pourtant, entre ses propos outranciers sur les harkis, Nicolas Sarkozy, les femmes voilées ou les joueurs de l'équipe de France, on voit ce qui justifierait sa réintégration si ce n'est de bas calculs politiciens.
Florilège :
Le 14 novembre 2006 : « Dans cette équipe, il y a neuf Blacks sur onze. La normalité serait qu’il y en ait trois ou quatre. Ce serait le reflet de la société. Mais là, s’il y en a autant c’est parce que les Blancs sont nuls », avait lancé l’ancien maire de Montpellier devant le conseil d’agglomération de Montpellier. C’est cet énième dérapage qui lui a valu d’être exclu du Parti socialiste en janvier 2007. Georges Frêche avait alors estimé que son exclusion du PS était « jouée d’avance (…). C’est un procès de l’Inquisition qui rappelle les pires moments du stalinisme. On offre ma tête au peuple en espérant gagner quelques voix dans les DOM ».
11 février 2006 : «
Vous faites partie des harkis, qui ont vocation à être cocus toute leur vie... Vous n’avez rien du tout, vous êtes des sous-hommes... sans honneur ! » avait-il assené lors d’une cérémonie à la mémoire de Jacques Roseau, le leader pied-noir assassiné en 1993. Le 28 février, il est suspendu des instances dirigeantes du PS.
Novembre 2005 : «
Rien à foutre des commentaires d’universitaires trous du cul. On les sifflera quand on les sollicitera », avait déclaré Georges Frêche à propos d’un projet de musée destiné aux Français d’Algérie.
Juin 2005 : «
Jamais la Chine n’a envahi le Tibet. Ce sont les Tibétains qui ont envahi la Chine », explique cet ancien maoïste.
Février 2005 : «
Nicolas Sarkozy est un grand mamamouchi aux talons compensés. Il périra par sa Marie-Antoinette. »
Juin 2000 : lors de l’inauguration du tramway de Montpellier, après avoir lancé à propos d’une femme voilée : «
Ne vous inquiétez pas pour la dame, elle n’a pas les oreillons », il avait poursuivi en notant « I
ci, c’est le tunnel le plus long du monde : vous entrez en France et vous ressortez à Ouarzazate ». Battu aux élections législatives en 2002, il explique : «
La droite a été soutenue par les islamistes et les femmes voilées d’Al-Qaïda. »
François Fillon a immédiatement réagi : invité de RTL, il a jugé cette situation «insultante pour la France», il a souhaité que «ceux qui veulent siffler un hymne national soient privés du match auxquels ils sont venus assister». Dans un communiqué, Nicolas Sarkozy a qualifié les «incidents» de la veille de «scandaleux» et convoqué dans la journée le président de la Fédération française de football, Jean-Pierre Escalettes.
A la sortie cette réunion à laquelle elle participait, Roselyne Bachelot, Ministre des Sports, déclare que désormais tout match avant lequel la Marseillaise serait sifflée devrait être «immédiatement interrompu». Les ministres présents quitteront le stade et les matchs amicaux avec le pays concerné seront suspendus.
On se rappelle de Jacques Chirac quittant le stade après une Marseillaise sifflée... on se souvient aussi qu'à un autre match, le premier Ministre d'alors, Lionel Jospin, avait feint de ne pas les entendre...
Michèle Alliot-Marie, Ministre de l'Intérieur, demande la saisie du procureur de la République de la Seine-Saint-Denis pour «outrages à l’hymne national». Selon la loi de 2003, l’enquête, ouverte hier soir par le parquet de Bobigny, pourra s’appuyer sur des images filmées au cours de la rencontre pour confondre les «coupables».
A l’Assemblée, c'est le Député des Yvelines Jacques Myard (Maire de Maisons Laffitte) qui s'emporte estimant que «c’est aux petits merdeux de quitter le stade, pas aux ministres».
Et la gauche dans tout ça ? Si Julien Dray a condamné les incidents de la veille, Claude Bartolone a lui proposé quelque chose d'assez étonnant... de ne plus jouer les hymnes«devant des publics qui ne savent pas se tenir». Or, ce n'est pas l'hymne qui est en question mais ceux qui le sifflent !!
Quant à Marie George Buffet, elle a déclaré "comprendre ceux qui sifflent", "des personnes en souffrance qui ne se sentent pas intégrées"... Comment s'intégrer quand on ne respecte même pas les symboles de la République ?
Quant au président du Modem, François Bayrou, il n'est pas en reste de démagogie... il reproche au gouvernement «d’en faire des tonnes». «On est pour une équipe et donc on est contre l’autre, et donc on siffle le symbole de l’autre, ce qui est stupide évidemment. Mais, il est tout aussi stupide de surréagir et d’aller jusqu’à des interdictions, des annonces que les matchs n’auront pas lieu. Tout ça, c’est un peu 0 à 0, match nul.»
Les jeunes UMP condament bien évidemment ces sifflets, lesquels ne sauraient être excusés !