Mardi 9 septembre, sur France Inter, Stéphane Guillon réalise une chronique à propos des Jeux paralympiques de Pékin.
Rire du handicap, pourquoi pas ? Les personnes handicapées sont souvent les premières à rire d'elles mêmes ! Seulement le rire ne saurait avoir lieu au détriment des plus faibles, des plus fragiles d'entre nous.
Jugez plutot : le tir à l'arc pour non-voyant ("exceptionnellement, l'accès aux tribunes est gratuit"), la natation synchronisée ("le fait d'être siamoises, c'est un avantage"), l'hymne national ("pour les sourds, non"), le Rwanda capable d'afficher un "très grand nombre d'athlètes amputés"... "Et puis, si vous êtes valides, n'y allez pas. Toutes les places de parking sont handicapées", ajoute Stéphane Guillon. En fond sonore, les journalistes de France Inter s'esclaffent.
Jean-Michel Royere, un auditeur handicapé depuis 60 ans, a ri jaune et l'a immédiatement fait savoir à la station publique par courriel (doublé d'une lettre). Ce qui le révolte, ce sont les "rires gras et déplacés des personnes présentes dans le studio". Il réclame des excuses publiques de la part du chroniqueur et de l'animateur de la matinale. Stéphane Guillon refuse argant qu'il traite "les personnes handicapées comme les autres " (d'ici à considérer que Jean-michel devrait le remercier...). Pis, il réitère même sa prestation sur le plateau de "Salut les Terriens" (Ardisson, Canal +) quelques jours plus tard...
"Ecouter la différence", tel est le slogan de France Inter. Cette station publique qui fait au gouvernement des procès d'intention sur l'avenir de l'audiovisuel public devrait d'abord faire son autocritique quant aux programmes qu'elle diffuse et aux chroniqueurs qu'elle engage...
Pour info, Stéphane Guillon est payé 9000 euros pour sa prestation hebdomadaire sur canal + et 350 euros par jour pour ses 4 minutes d'antenne sur France Inter...